Notre histoire
Ma grand-mère a 96 ans. Elle vit seule, prépare ses repas, cultive son jardin. Ce n'est pas un exploit qu'on commente avec des superlatifs dans la famille. C'est juste ce qu'elle est. Une femme dont la vie entière a tenu debout parce qu'elle n'a jamais décidé de s'arrêter.
Je suis professeur de sport et ancien athlète de haut niveau. Le mouvement, ce n'est pas une passion pour moi, c'est une façon de comprendre les gens. Quand on passe des années à observer des corps qui progressent, qui doutent, qui reprennent confiance ou qui lâchent prise, on apprend quelque chose que les études ne transmettent pas vraiment : ce qui fait tenir les gens en mouvement n'est presque jamais physique.
Il y a quelques années, mon père a eu un accident de voiture. Un choc brutal, suivi de longs mois où tout ce qui lui semblait acquis a dû être réappris. Je l'ai accompagné comme je savais faire. On a avancé ensemble, lentement d'abord, puis de plus en plus régulièrement. Ce n'était pas de la rééducation au sens clinique. C'était deux hommes qui remettent un pied devant l'autre, et qui redécouvrent que reprendre le mouvement est d'abord une question de confiance retrouvée.
Sa compagne, elle, a toujours adoré marcher. Des heures chaque jour, depuis toujours. Mais une gêne persistante dans les jambes s'était installée avec le temps, et elle avait tout essayé pour la faire reculer. Certaines choses l'avaient soulagée un moment. Rien ne l'avait vraiment aidée à remarcher comme avant, à retrouver ce plaisir intact. En cherchant des solutions pour elle, j'ai commencé à mesurer ce qui manquait.
Parce que ce que le marché proposait ne ressemblait pas à ce dont elle avait besoin. D'un côté, des dispositifs médicaux couverts de certifications et de jargon clinique, qui parlaient aux gens comme s'ils avaient un problème à résoudre. De l'autre, des produits de bien-être doux et vaguement résignés, qui sous-entendaient qu'il fallait désormais accepter de ralentir. Entre les deux, rien pour des gens comme elle, comme mon père, comme ma grand-mère de 96 ans qui taille ses rosiers. Des gens pleins de vie et d'envies, qui ne sont ni des patients ni des vieux, et qui ont juste besoin qu'on les accompagne pour continuer à avancer.
C'est pour eux que j'ai créé Levantt.
